vendredi 8 février 2013

débriefing

Les devoirs de la semaine de Vincent et Jérôme :


Vincent : 


Avec un seul 72 km à mon actif (les Templiers), je n’étais pas sûr de pouvoir appréhender le Team Trail à sa juste valeur. Et pourtant, je ne retiens que des belles images et de bons moments de ce we. La première boucle avec l’ensemble des participants est plutôt rassurante et se déroule dans une atmosphère bon enfant et franchouillarde. Mais on pense déjà à la suite des évènements et aux tactiques planifiées depuis des jours… Vite, vite notre Maitre Assistant place les Pions aux différentes bases vie et commence l’attente infernale du relais. Les premiers tronçons courus en relais sont courts et réalisés de jour, ce qui nous permet de rivaliser avec l’incessant tapis de boue grasse et de profiter du cadre magnifique qui s’offre à nous. Et puis c’est la première longue pause de trois heures avant l’arrivée du coéquipier. La fatigue musculaire se fait légèrement sentir mais le soleil se couche à peine et l’on pense plutôt à se divertir avec les autres concurrents et à profiter au maximum des ravitaillements et autres plaisirs culinaires (Mmmmmmm cette saucisse lentilles…!) offerts par les charmant(e)s, souriant(e)s et dévoué(e)s bénévoles. Allez, le périlleux tronçon base 3-1 à la lampe torche (je l’ai préféré à la lumière du jour) et puis de nouveau, c’est la quille… au moins pour trois heures.  Il serait sage de profiter de ces trois heures pour réellement se reposer mais je retrouve mon Maître Assistant et d’autres collègues du club et préfère savourer une bonne bière avec eux. J’aurais bien tenté de fermer les yeux une heure mais la soufflerie chaude en pleine tête, les jambes lourdes et U2 à fond les manettes m’ont gardé bien éveillé.  Et là, mon co-équipier arrive avec un genoux fracassé. Il est 2h30 et je repars tout seul en pleine nuit éclairée (merci la Lune) pour 14 km avec le morale un peu dans les chaussettes et la fatigue grandissante. Ce coup-ci, la mer de boue a raison de mon équilibre ! La belle ascension vers le château de Marouatte drapée d’étoiles  aurait pu me donner du baume au cœur mais l’arrivée imminente des passages techniques du moulin de Rochereuil me laisse perplexe. Tout se passe bien et la pleine nuit n’a pas empêché quelques valeureux bénévoles de Cro-Magnon d’assister la descente en corde du grand-goulet. Je suis ravi de retrouver un co-équipier en pleine forme qui va assurer sur le prochain tronçon.  Les évènements tournent en ma faveur et je me retrouve rapidement blotti au chaud sur un vrai lit de camp. Me voilà reparti pour les deux heures de sommeil programmées qui finalement s’abrègeront après une heure : changement de tactique et départ pour une autre base de vie afin de relayer le genoux toujours patraque du co-équipier.  C’est bon, le jour se lève, le froid durcit la boue et je n’ai plus peur des passages abrupts grimpés ou dévalés à la corde.  Mon top Maitre assistant me ramènera au départ pour un dernier 14 km couru sous un magnifique paysage ensoleillé. Mon heure était venue mais pas celles de mes co-équipiers. Il me tardait que nous soyons réunis avec notre Grand Maitre Assistant pour savourer cette épreuve magique autour d’une bonne pression !!!

Le Grand Brassac respire d’authencité, de simplicité et de convivialité tout en restant pointu et irréprochable sur l’organisation : bravo ! Et mille mercis à notre Top Grand Maitre Chef Assistant qui a sagement rangé les running au placard pour se dévouer… corps et âme ????... à ces coéquipiers."

Jérôme :


24H, 154 km, 5700 m D+, 4 copains, de la boue, de la boue, de la boue...
Voilà comment on aurait pu résumer notre week-end à Grand Brassac ! Mais ces quelques mots ne rendent pas compte de la réalité des sensations, du plaisir et des moments que nous avons  partagés durant ces deux jours.
Grand Brassac, j’avais découvert l’an dernier à l’occasion du 10ème anniversaire dans des conditions exceptionnelles : 16 km de nuit par - 9°C et le lendemain au réveil, un tapis blanc et de gros flocons pour nous accompagner sur un circuit réduit de 30 à 16 km.
Alors quand Fred nous a proposé de participer au Team Trail, je n’ai pas hésité !
Nous voilà donc partis, grâce à Running Mag, pour 24H d’aventure : Fred au soutien moral et à la logistique , Vincent, Julien et moi aux relais.
Deux mois que toutes nos sorties trail se font dans la boue de Bouliac et Floirac ... alors la gadoue de Grand Brassac : même pas peur ! Seulement voilà, Grand Brassac ça se mérite. Ici la boue c’est de la glaise qui colle aux crampons, alourdit les pieds et rend les chaussures totalement lisses : il faut lever davantage les pieds, avoir des appuis moins puissants, la foulée plus courte. Les ischios et les mollets sont extrêmement sollicités et fatiguent vite.
La première boucle de 22 km nous permet de prendre nos marques : le terrain est glissant mais praticable, la traversée  du filet au Roc se fait facilement,  le passage des échelles et cordes à Rochereuil change nos habitudes de coureurs et casse notre rythme : difficile de retrouver notre foulée après ces allers-retours verticaux.
Après ce premier tour de chauffe, j’assure le premier relais et réussi à reprendre quelques équipes. Vincent assure la seconde section, Julien la troisième. Ils remonteront eux aussi notre équipe dans le classement.
19H10, la nuit est tombée et je m’élance peu après la troupe de l’Extrême trail pour enchainer les sections 1 et 2. Après le passage de quelques 500 pieds de traileurs, le terrain s’est complètement détérioré : plus une once d’accroche dans cette boue devenue liquide et encore plus glissante.
Les balises réfléchissent parfaitement la lueur de ma frontale. Les organisateurs ont extrêmement bien travaillé sur ce plan : impossible de se perdre de nuit.
Je me retrouve rapidement seul au milieu de la nuit, concentré sur mes appuis pour éviter toute déconvenue.  Les sensations sont particulières : les petits bruits auxquels on ne prête généralement pas attention deviennent inquiétants. Une branche qui craque, le vent dans les branches me rappellent ma peur enfantine de l’obscurité. Finalement, le « flic floc »  de mes pieds dans la boue et le souffle régulier de ma respiration me rassurent et m’accompagnent jusqu’au relais suivant.
Je retrouve petit à petit les attardés de l’Extreme Trail. Arrivé à Rochereuil, une longue file de coureurs attend de pouvoir s’engager dans les échelles et cordes. Les concurrents me laissent passer et m’accompagnent de formidables encouragements...merci à tous !
Rochereuil, enfin 3 H de pause : vêtements secs, repas chaud et grandes discussions avec les copains des autres équipes.
Super ambiance, les bénévoles sont aux petits soins avec nous. La bonne humeur est de règle tant chez eux que chez nous malgré la fatigue.
Impossible de dormir, car le moulin a été inondé et le dortoir au premier étage reste glacial et humide.  Je somnole 30 minutes sur une chaise, la tête callée entre les bras. La fatigue commence à être pesante.
0H15, Julien arrive fatigué. La course commence à être longue. Je repars.
La température a chuté et le givre commence à apparaitre sur les coteaux exposés au vent. Le ciel est maintenant totalement dégagé et je me retrouve à nouveau seul au milieu de la nuit froide sous un magnifique ciel étoilé. Pas le temps de m’extasier, il faut garder le regard au sol pour éviter la chute. Les sensations sont bonnes malgré la fatigue et je trouve vite un rythme régulier et rapide.
Le genou commence à tirer et je crains la blessure... qui arrivera quelques km plus loin. La tension est très forte et je ne peux plus courir. Je finis en marchant aussi vite que je peux pour passer la balise au copain qui m’attend. Chaque passage en dévers, chaque marche un peu haute, chaque descente un peu raide est un calvaire.
Enfin Grand Brassac, je passe le relais à Vincent. Vêtements secs, puis kiné. Le verdict tombe, conforme à ce que je craignais : tendinite du  fascia lata / syndrome de l’essuie glace. Je ne sais pas comment je vais pouvoir finir le 24H. Repas chaud puis dodo 1h dans le dortoir lorsqu’une couchette se libère enfin.
Fred me motive pour essayer de repartir, il finit par me convaincre, et me voilà à nouveau sur le chemin, seul dans le froid et l’humidité. Le gel a fait son effet et la boue s’est enfin durcie en surface. L’accroche est meilleure et la section devient moins fatigante. Bizarrement, malgré la tendinite, j’arrive à trotter sans avoir trop mal, mais après 30 minutes, la douleur redevient trop présente et je termine la section 1 à nouveau en marchant.
Le Roc : vêtements secs, thé, brioche, confiture... tout va mieux. 1H30 de sieste au chaud. Malgré la douleur, je sais maintenant que je pourrai finir la section 2 pour que Julien termine le 24H.
Mon dernier relais se fait à nouveau parmi les attardés de l’Extrême Trail sous un soleil magnifique. Encore une fois j’aurai droit au passage prioritaire dans les cordes de Rochereuil ainsi qu’aux supers encouragements.
Arrivé, je passe la balise à Julien, sur-motivé pour emballer la dernière section. Mon aventure se termine là, enfin ! Fred me récupère, retour Grand Brassac pour l’arrivée de notre copain. Julien passe le dernier pointage à 12H55 et poursuit encore 10 mn pour boucler le 24H, épuisé.
Sous la tente, le compte à rebours commence, au top final tout le monde applaudi, soulagé et heureux d’avoir participer à cette édition encore très particulière. Le 24 h est terminé. Expérience unique... à renouveler en 2014 !Bravo à l’ équipe de Pascal Jugie pour cette organisation quasi parfaite ainsi qu’aux bénévoles et aux participants pour leur bonne humeur.








1 commentaire:

  1. beaux récits qui montrent bien la difficulté de l'épreuve l'enthousiasme des uns et des autres, par un temps pareil normal d'avoir des problèmes d'essuie glace !!
    bravo à votre équipe
    jean marc

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